06/10/2016

IL PLEUT SUR ALEP...

Il pleut sur Alep…

Je suis sous les décombres, parmi mes frères maures

Il y a une odeur de charogne sous mes pieds indolores

Je veux me libérer de ce corps, hâte toi donc ma mort…

 

Il pleut sur Alep…

Tu vois mon cœur ! Sous les gravats, j’espère encore

Après un ciel d’orage, une petite éclaircie mon âme,

Pour réchauffer la moelle de cet humain assassiné.

 

Il pleut sur Alep…

Mais au lieu d’une pluie salvatrice,ce sont des bombes,

Ils tombent, tombent encore, Dieu vous ai-je fait du tort ?

Pour subir ce déluge, moi, dont l’offrande est l'inclinaison.

 

Il pleut sur Alep…

Il Poutine et Assad, mais le monde n’est pas en reste

V’là ! Les belles promesses de nos eunuques de l’Onu.

Dans le béton et l’acier nos corps froids se sont soudés.

 

Il pleut sur Alep…

Tout le monde s’en fout, ici, il y a bien plus important

La crise a tout aplanie, le bon et le mauvais sont unis

Pour faire de ce vaste monde, un petit monde aseptisé.

 

Il pleut sur Alep…

Je ne rêve plus mamie ! La dernière vague m’a emporté

Cet un océan qui s’est ouvert sous pieds et tout a vacillé,

Ciel et terre se sont légués pour rien ne nous épargner.

 

Il pleut sur Alep…

Le silence après le bruit, l’écho d’une sale œuvre achevée

Le ciel enfin libéré, laisse une place à la lumière retrouvée

L’existence reprend un semblant de vie jusqu’à demain…

 

Il ne pleut plus sur Alep mon cœur !

Et de nos voies enclavées, les voix remontent à surface,

Ils peinent en route, mais ils sont vivants et le resteront,

Tout a une fin Mamie !

 

 

 

 

 

 

 

 

16/06/2016

HYMNE A L'AMOUR...

 

Quand l’amour fout le camp, la haine se substitue,

Elle survient charger de rancune se mettre à la une.

Elle va jusqu’à se travestir pour se mettre à la page

De la faucheuse et ravir de dernières âmes à sa place.

Elle surgit de nos ténèbres comme un chardon épineux

Rase les murs, la façade, tout est noir dans son sillage,

Et quand elle nous sourit, ce n’est que pour mieux tuer.

 

Elle vient et elle se répand, offrant au vide son carcan,

Au poteau comme au charnier, elle se fait plus discrète,

On oublie sa présence, son essence, fruit de l’inavouable,

Haine de l’autre, haine du monde, de tout étrange excès.

Au pied de biche comme au cul des vaches, elle s’attache

A rendre l’atmosphère explosive en de fortes avalanches

Ruinant au passage les innombrables pousses en germes.

 

Elle n’a ni pitié ni tristesse et pas l’ombre d’un remord,

Au pied de la falaise ou elle pousse son monde en enfer,

Elle joue de son charme comme on joue d’un instrument,

Où la symphonie du destin mue en une oraison funèbre.

On se perdrait à la suivre dans son cortège si macabre,

Si au demeurant, nous tombions sous ses vilaines mains,

Toute joie que nous portons en nous, se verrait se faner.

 

De Damas à Paris et de Bruxelles à Orlando en Floride

Les orchidées que nous semons pâliraient d’une onde,

En laissant aux haschischins les beautés de ce monde.

Rien ne leur ferait plus plaisir, que de nous voir faillir,

Succomber à leur martyr en faisant fleurir la haine.

Merci à la vaillante, téméraire veilleuse qui nous inonde,

De l’esprit des lumières pour que jamais, on ne succombe.

 

 

 

22/04/2016

NOTRE BELLE HYPOCRISIE OCCIDENTALE

image.jpegNous fomentons des guerres dans leur pays, nous destabilisons leur région, nous les poussons à l’exode et nous les exposons à notre vindicte et à celle de leur père dictateur, que nous avons sciemment installer au pouvoir pour mieux les gérer, les contrôler et lorsque image.jpgcelui-ci dérape, nous tourne le dos comme toujours, nous envoyons nos sbires, nos bombardiers faire le ménage.

Et alors que le conflit n'a pas encore trouver une fin, nous mettons nos pièces sur l’échiquier pour un futur image.jpegproche, en finançant leur futur martyre, leur mort annoncée et leur amertume envers nos sociétés.

Nous dévastons leur terre, leur ville, leur maison, nous les poussons au désespoir et nous, nous étonnons, qu’ils viennent à nous, quémandant une aide par milliers vers nos belles démocraties vertueuses, qui les ont tant et tant fait rêver. Certes, nous donnons des leçons au monde entier, alors, que nous sommes dépourvus d’humanité.

Nous profitons de leur désarroi, de leur misère pour installer nos bases de profit, en exploitant les gisements de leur pays et quand nous avons tout extirper des entrailles de leur terre, nous leur laissons des trous béant, des cicatrices visibles que du ciel.

Nous leur créons des besoins inutiles, des rêves et nous leur fourguons nos vestiges, nos vieilleries, nos polluants ustensiles, nos ex-machina.

Et quand ça ne suffit pas, nous leur donnons des leçons de culture: Messieurs, tout cela est vieillot, voyez nos machines, nos ferments, nos graines, elles sont plus résistantes aux maladies, aux insectes, aux parasites. Nous leur vendons nos petites graines transgéniques, qui ne peuvent acheter que chez nous, ça va de soi, tel est le prix à payer.

Nous leur créons des besoins, des dettes pour mieux les domestiquer. La domestication se fait en douce, par dose homéopathique, Et nous les dopons à coup de millions pour en récupérer des milliards.

Nous allons même leur donner des leçons de savoir vivre, sur leur choix vestimentaire, leur culture, leur mœurs, nous savons ce qui est bon et mauvais pour eux.  

Nous leur donnons que peu de choix, puisque nous savons par nature ce qu’il leur faut, ce qui bien, ce qui est mauvais pour leur santé, leur spiritualité, leur économie. Nous leur prônons la liberté tout en distillant dans leur esprit ce néo libéralisme institué, ce néo colonialisme invisible aux bras tentaculaires, qui ne laisse rien au hasard.

Nous les affamons à perte et profit, nous spéculons sur les denrées, sur leur garde-manger afin d’asseoir notre pouvoir et leur dépendance.         Nous en faisons des êtres addictif de nos modes de vie et de nos besoins inutiles, en leur vendant du vent.

Alors, quand ils finissent par ingurgiter nos restes, nos déchets, nous les mettons à l'amande en élevant des barrières, des grillages à nos frontières. Nous installons des frontières uniquement à leur intention, nous les laissons pourrir dans les camps, nous les laissons mourir en mer, nous les Moise charlatans et trompeurs, insensibles à l’exode d'un peuple.

Nous les renvoyions vers la misère et une mort certaine, pire encore, nous payons pour que d’autres fassent ce boulot dégueulasse à notre place.

Et nous, nous vantons d’être des humains, des démocrates, les gens empreint de liberté et de justice. Nous mettons des masques pour ne pas respirer les odeurs nauséabondes de nos pesticides pratiques, nos divers optimisation fiscale, ces Panama-Papers, qui ruinent leur économie.

Nous construisons des tours de Babel pour nous protéger de nos semblables et nous les laissons mourir en bas de nos tours, dans nos abimes ténèbres.

Ils meurent par milliers sur les routes de l’exil, dans la mer emportés par l’espoir d’une vie meilleure et nous leur fermons nos portes au nez.

Et nous oublions du coup, l’organe qui palpite sous nos poitrines, ce muscle qui nous tient en vie et qui devrait de par sa nature nous rendre plus humain, plus proche, plus solidaire de cet autre qui nous ressemble, cet autre (hôte) qui vient à nous comme un frère viendrait au devant de son autre frère. Allons-nous garder le silence, nous taire devant la mort annoncée de nos Abel frères.