06/10/2016

IL PLEUT SUR ALEP...

Il pleut sur Alep…

Je suis sous les décombres, parmi mes frères maures

Il y a une odeur de charogne sous mes pieds indolores

Je veux me libérer de ce corps, hâte toi donc ma mort…

 

Il pleut sur Alep…

Tu vois mon cœur ! Sous les gravats, j’espère encore

Après un ciel d’orage, une petite éclaircie mon âme,

Pour réchauffer la moelle de cet humain assassiné.

 

Il pleut sur Alep…

Mais au lieu d’une pluie salvatrice,ce sont des bombes,

Ils tombent, tombent encore, Dieu vous ai-je fait du tort ?

Pour subir ce déluge, moi, dont l’offrande est l'inclinaison.

 

Il pleut sur Alep…

Il Poutine et Assad, mais le monde n’est pas en reste

V’là ! Les belles promesses de nos eunuques de l’Onu.

Dans le béton et l’acier nos corps froids se sont soudés.

 

Il pleut sur Alep…

Tout le monde s’en fout, ici, il y a bien plus important

La crise a tout aplanie, le bon et le mauvais sont unis

Pour faire de ce vaste monde, un petit monde aseptisé.

 

Il pleut sur Alep…

Je ne rêve plus mamie ! La dernière vague m’a emporté

Cet un océan qui s’est ouvert sous pieds et tout a vacillé,

Ciel et terre se sont légués pour rien ne nous épargner.

 

Il pleut sur Alep…

Le silence après le bruit, l’écho d’une sale œuvre achevée

Le ciel enfin libéré, laisse une place à la lumière retrouvée

L’existence reprend un semblant de vie jusqu’à demain…

 

Il ne pleut plus sur Alep mon cœur !

Et de nos voies enclavées, les voix remontent à surface,

Ils peinent en route, mais ils sont vivants et le resteront,

Tout a une fin Mamie !

 

 

 

 

 

 

 

 

20/09/2016

PETITE HISTOIRE ENTRE AMIS...

Mon voisin me dit qu’il est assailli d’informations et qu’il ne sait plus où donner de la tête. Il a l’air dépité et fait de la peine à voir, pourtant il ne quitte pas d’un œil son «20 minutes ».

 - J’ingurgite, j’avale tout rond, sans faire l’effort d’un tri, ensuite je suis constipé et je fais un effort surnaturel pour retrouver un peu d’équilibre et d’aplomb.

Mon médecin dit que c’est toute la machine qui est grippée, que cela ne sert à rien de la rafistoler. Un jour où l’autre, la panne sera si sévère, que vous tomberez en rade.  Alors, je vous conseille de profiter de la vie, faites de la marche, de l'exercice, des amis, prenez le temps d'une respiration.  Un peu de plaisir que diable!.

Il est bien gentil le médecin, prendre du plaisir, se faire des amis ! Prendre du plaisir, moi qui aie travaillé toute une vie en usine pour un salaire de misère. Se faire des amis, il croit que c’est facile. J’avais envie de lui dire, que les amis ne se trouvent pas dans un rayon du supermarché. Un ami, ça ne s’achète ni se vend dans les grands magasins. Mais, je me suis retenu pour ne pas créer un précédent. C’est mon médecin, il mérite un peu de respect et de considération, je l’ai choisi.

 Jeune, j’avais bien de l’espoir, je croyais en la révolution, en le progrès, depuis j’en suis revenu. J’ai même milité au parti socialiste avant que celui-ci soit pris en main par les technocrates et vidé de sa substance ouvrière. De temps en temps, je vote sans trop y croire. Y a bien la Sandrine «  Salerno », elle sort du lot. Elle a des couilles comme on dit de par chez nous, mais elle ne fait pas à elle seule un parti. Il faudrait qu’ils reviennent aux fondamentaux pour que je reprenne du service.

 J’ai de la peine à rassembler toutes mes idées et toutes ces informations, elles me jouent des tours, me font des distorsions dans la tête, j’ai l’impression d’être passé sous un tram, d’être un passager clandestin.

Il paraît que demain, ils vont nous raboter les rentes, le paquet Berset nous berce sans illusion. On va en chier pour joindre les deux bouts.

Et puis, il y a les cadeaux fiscaux aux entreprises. je n'ai pas encore compris la nécessité de faire des cadeaux à des entités qui n'en veulent pas. ils ne veulent pas que l'administration fiscale fourre son nez dans leur comptabilité,   c'est déjà assez difficile de faire des plans de montage pour échapper à l'impôt.                                                 

Allez, un cadeau, vous n’êtes déjà plus que 40% à payer des impôts sur le bénéfice. Avec le RIE III, On vous fait un rabais global, un de plus, mais vous rester chez nous : 13 % a dit le Géant-vert, le père David Hiler, avant de quitter le navire et laisser aux autres le soin de négocier la transaction, les mauvaises langues et les érudits disent en catimini que ça serait de l’ordre de 11%. Personne me parle de planché limite à ne pas descendre en dessous. Bonjour! le marché de dupes, nous allons perdre en indépendance et en autonomie, nous serons dorénavant assujettis au bon vouloir des multinationales, des entreprises et des banques. Il faudra aller prêcher à la bâtisse, Fondation Hans Windsor et cie pour la moindre rénovation, le moindre grand projet de la ville. Allez ne soyons pas dans le déni, la mesquinerie et l’égoïsme, livrons-nous pieds et poings liés à nos bons sabreurs. Remettons donc l’église papale au milieu du village pour la souveraineté du petit nombre.

Une respiration et il repart comme une vieille limousine en toussant: Il paraît que bientôt ! On va s’espionner parmi comme au temps de la Stasi et des Fiches.

Il faut vous dire Monsieur ! Que ça ne change pas, il y a toujours un féru de la guerre froide, qui revient de l’ombre nous faire son coup d’éclat sur le terrorisme, la sécurité et la nation. Il y a toujours un nouveau sauveur pour nous priver de nos libertés, avec notre bon et loyal consentement. J’ai beau me dire, que j’ai réussi mon coup sans férir, je peine à trouver un sens à la vie.

Il cherche un peu d'air avec peine pour retrouver ses esprits. Il est comme ces poissons hors de l’eau qui cherchent un second souffle en ouvrant démesurément la bouche.

- Je suis devenu un tube digestif,  mon Cher monsieur !

J’essaye de le rassurer en vain. Mais il reprit de plus belle.

- L’autre jour, ma femme m’a dit que je ressemblais de plus en plus à notre chien, Castor, vieux, rabougri, sans élan. C’est vrai que je m’affale sur le sofa devant la boite à image et je somnole en attendant la gamelle, mais quand-même me comparer à Castor. Elle dit que si ça continue, je vais faire mes besoins sur les tapis. Ça m’a fait froid au dos !

Et pour ne pas lui donner raison, depuis, je sors promener le chien et j’aborde les gens, un peu comme le petit prince de St Exupéry pour me faire des amis.

- Voulez-vous devenir mon ami ?

- Nous sommes déjà des voisins de palier, delà à devenir des amis, il faut voir, laisser le temps au temps.

- J’ai bien raison, c’est difficile en ces temps de frimas de se faire des amis fit-il avant de tirer sa révérence.

Je le revois encore s’en aller, en tenant fermement la laisse de Castor, le dos vouté vers la place des augustins.

Trois jours après, à la page des chiens écrasés, un nom retient mon attention … Mon voisin avait cassé sa pipe.

16/06/2016

HYMNE A L'AMOUR...

 

Quand l’amour fout le camp, la haine se substitue,

Elle survient charger de rancune se mettre à la une.

Elle va jusqu’à se travestir pour se mettre à la page

De la faucheuse et ravir de dernières âmes à sa place.

Elle surgit de nos ténèbres comme un chardon épineux

Rase les murs, la façade, tout est noir dans son sillage,

Et quand elle nous sourit, ce n’est que pour mieux tuer.

 

Elle vient et elle se répand, offrant au vide son carcan,

Au poteau comme au charnier, elle se fait plus discrète,

On oublie sa présence, son essence, fruit de l’inavouable,

Haine de l’autre, haine du monde, de tout étrange excès.

Au pied de biche comme au cul des vaches, elle s’attache

A rendre l’atmosphère explosive en de fortes avalanches

Ruinant au passage les innombrables pousses en germes.

 

Elle n’a ni pitié ni tristesse et pas l’ombre d’un remord,

Au pied de la falaise ou elle pousse son monde en enfer,

Elle joue de son charme comme on joue d’un instrument,

Où la symphonie du destin mue en une oraison funèbre.

On se perdrait à la suivre dans son cortège si macabre,

Si au demeurant, nous tombions sous ses vilaines mains,

Toute joie que nous portons en nous, se verrait se faner.

 

De Damas à Paris et de Bruxelles à Orlando en Floride

Les orchidées que nous semons pâliraient d’une onde,

En laissant aux haschischins les beautés de ce monde.

Rien ne leur ferait plus plaisir, que de nous voir faillir,

Succomber à leur martyr en faisant fleurir la haine.

Merci à la vaillante, téméraire veilleuse qui nous inonde,

De l’esprit des lumières pour que jamais, on ne succombe.