19/01/2016

KIPPA OU PAS?

La question se pose à vous juifs comme elle se posait à nous musulmans par le passé et encore aujourd’hui. 

En ce temps tourmentés, je préfère en toute conscience valider l’équité,  la liberté, le respect de l’autre, la vie plutôt que la mort et la violence.

Dans ces moments tragiques, la tendance, le réflexe est au repli, à la fermeture, le silence plutôt que la parole.  Alors que par jadis  juifs et musulmans vivaient en paix. Les  raisons  de ce divorce sont nombreuses et ne dépendent parfois pas de nous, mais des Etats et des conflits.                                                

Mais ce qui m’importe aujourd’hui, c’est de vivre en paix sans devoir faire le fruit des amalgames, des  supputations.

Et nous, ne ferons pas fléchir ces acteurs de violences sans un effort d’unité de la  part du tout religieux.

Nous n’arrivons peut être pas à lutter contre cette "radicalisation" des jeunes, comme on dit de nos jours, un terme qui ne s’y prête guère à mon goût, parce qu’il ne fait pas  la part des choses, l’étude, les raisons, les facteurs  sociaux, politiques, humaines  de ce phénomène. Pourquoi cet engouement pour la mort, la violence, le crime?

 Réduire  l’être , l’homme à un rat de laboratoire, à un corps agissant sans esprit critique ni de résilience est une grande erreur. 

Réduire l’homme uniquement à son identité, sa communauté, sa religion,  c’est faire le jeu de l’extrême droite, qui n’a d’autres alternatives que  le renvoi, l’expulsion et  le rejet de l'autre «  je vous passe la patate chaude et je m’en lave les mains »

Je pense qu’il y a des choses à faire  sur le terrain, en amont, à l’école et dans l’espace publique. Il faudrait que mosquée, église, synagogue ouvrent leur porte, permettent  aux uns comme aux autres  de faire connaissance , d’apprendre à se connaître, seule une unité affichée peut inverser la courbe de ce fléau. 

Il nous faudra répondre aux questions, aux amalgames, à l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie sans langue de bois,  par de vraies réponses et non que par des  silences, des lamentations,  des futiles condamnations furtivement entre deux  attentats.

 A des vraies questions , il faut de vraies réponses de notre société, une société  unifiée, pacifiée qui n’oublie pas  que  l'humain  est au centre de ces  préoccupations.  Une société que ne voit pas que les  avantages,  les profits, l’économie substantielle,   qu’elle fait au fera au détriment de l’humain, de la solidarité.

Nous préférons construire des murs au lieu de les détruire. Nous préférons vivre entre nous, dans nos castes plutôt qu’avec les autres, de peur, par méconnaissance, par manque de courage, manque d’éloquence, manque d’insouciance.

Porter la kippa est-ce un acte  daffirmation identitaire qui supplante la dimension religieuse? Je ne me rangerai pas du côté de ceux qui veulent faire tomber des têtes, ces Robespierre aux allures de dandy qui prêchent à longueur de journée une guerre de civilisation.

Je ne sais pas ce que nous réserve cette part hostile de l'homme qui aime à verrouiller les esprits, mais je sais que nous pourrons toujours compter sur cette autre nature, cette singularité qui nous rend différent, inventif pour se défaire de l'obscurantisme, de la haine .

Le débat n’est pas sur porter la  kippa ou pas, mais bien comment faire pour vivre ensemble dans le respect de l’autre, de son voisin, cet autre miroir de nous même, cet autre étranger qui nous ressemble, qui est le prolongement de nous même et qui nous interpelle, nous questionne.

Pour cela, il faut agir ensemble, main dans la main pour en finir avec ces travers qui nous barrent le chemin.  Juifs et musulmans, chrétiens devraient se retrouver dans ce vivre ensemble  qu’ils appellent les uns comme les autres  de leurs voeux, ce même vivre ensemble qui  les   rassemblait jadis dans les jours sombres. 

Soyons pour une fois plus imaginatif, plus ouvert d’esprit qu’eux, opposant à ce mal toxique notre espoir en cette humanité commune.

Qu’importe nos différents, nos identités, nos cultes, nos religions, soyons comme le disaient avant nous, les illustres hommes, ces esprits libres, soyons des femmes et des hommes libres.  

Et même si nous ne sommes pas toujours pas d’accord sur certains sujets qui fâchent, ayant pour une fois le courage de nous battre pour qu’aucun de nous ne souffre de cette violence aveugle, mortifère qui ne fait qu’assécher nos âmes et nos esprits par sa haine du monde et de la vie.

18/12/2015

La France: le changement n'est pas pour demain!

 

Silence à droite, silence à gauche,au centre c'est l'implosion, à la gauche de la gauche, c'est le vide et à la droite de la droite "Dupont la joie" jubile. Il faut serrer les rangs nom de dieu !

Alors que la France des cumulards reprend du service dès la fin des régionales.

Ce n’est pas tout, Messieurs ! mais je tiens à mes privilèges, à mon poste, à mon siège. Et je peux être maire, président de région, député et pourquoi pas ministre, si je veux !

C’est le rêve de nos petits élus de la république où nos petits cumulards font la loi, ils traînent des gamelles, mais ils ont la force de la loi de leur côté, pas étonnant que le chômage grimpe et que nos concitoyens votent de plus en plus pour les extrêmes.

La critique est facile me direz-vous... Il faut se mettre dans la peau d’un de nos élus, il faut du courage et de l’abnégation de soi pour grimper jusqu’au sommet de la pyramide, ce n’est pas donné au premier quidam, de devenir un élu de la nation.

Il ne suffit pas uniquement d’un parti, d’avoir du bagout, de l'éloquence, il faut aussi une certaine endurance que l’on acquiert que par l’expérience, le dévouement jusque dans l’arbitraire.                                

Et il vous faut bien plus de lèche, que du lèche-vitrine. Mais pour cerner le pouvoir, et en acquérir l'essentiel, il vous faut un mode d’emploi, un schéma, un plan de carrière, en connaître les étapes importantes et les moindres, se faire beaucoup d’amis et de toutes les sphères de la société pour que le souverain vous suit.

Après, quand vous êtes arrivé au sommet et que vous avez pris goût au pouvoir, c’est difficile après de s’en détacher, de quitter le costume pour une petite maisonnette en Ardèche et une paire de charentaise.

Le pouvoir vous tient à la gorge, il vous suce complètement jusqu’à la moelle et vous en faîtes une addiction.

Le pouvoir c’est comme la playstation, il faut à chaque fois vous remettre dans le jeu, faire des paris fous, hardis, des projections, des défaites et des ultimes revanches pour ne pas disparaître de l’écran.

Il vous faut de plus en plus d’endurance, l’ancienneté et l’expérience ne sont plus un gage de durabilité, du moins en politique, alors il vous faut être à la page, être à tous les étages, se faire des amis et parfois même dans le camp ennemi.

Il faut gommer vos imperfections, fondre dans l’alchimie du pouvoir, faire flèche de tout bois, être à la manoeuvre, tout en gardant à l’œil le possible consensus, on ne sait jamais, dès fois qu’un travers survient…

Dites-vous que vous n’avez rien à braire des directives du président de la république, du ministre et ses suppôts conseillers médiatiques.

Les français peuvent bien aboyer, rien n’y fera, vous êtes dans votre droit, vous avez assez sué pour en arriver là. Maintenant que vous avez le bras long, que vous avez su en tirer profit des magouilles et des combines pour survivre à toutes les intempéries, à tous les tsunamis, à toutes les défaites électorales, vous êtes en capacité naturelle de résilience, vous retomberez toujours sur vos pattes...

Quand tous ces éléments seront réunis et que vous vous sentirez tout puissant : vous n’aurez plus rien à faire des braillements du grand Paris, de ses bobos qui vous diagnostiquent une sévère chute.

Rassurez-vous, ce n’est pas une petite grippe qui vous mettra à bas, qui vous fera mordre la poussière, vous êtes imbu de vous même, vous êtes imbattable, et vous souffrez que vos amis ne le comprennent pas.

Alors, vous vous dites légitiment au-dessus de la mêlée, que plus rien ne vous touchera dorénavant puisque vous êtes un grand esprit, promit à une grande carrière. Et que tous ces journaleux, ces scribouillards de service n’ont pas intérêt à vous faire chier, puisqu’ils vivent de vos restes, de vos détritus, de la soupe que vous voulez bien leur servir, ce n’est ni la première ni la dernière fois,qu’ils vous mangent dans les mains.

Alors vous descendez un instant de votre perchoir, de votre cage dorée, poussés par vos camarades de parti pour voir si une vie hors des murs de  l’assemblée nationale est possible, si une vie hors du troupeau est viable, si le peuple de l’Ile de France reconnaissant approuve votre judicieux choix.

Mais, malgré la bienveillante solidarité de certains médias, de vos camarades de parti de bons conseils, vous prenez un râteau d’entrée.

- Merde ! les français ne veulent pas de moi, c’est la faute à pas de chance, dommage pour eux, ils n’ont rien compris, pourtant, j’avais des atouts, des compétences. mais nom de dieu ! je suis un socialiste, un ancien, un de la vieille garde, un élu majeur, pas un novice en la matière. J’ai des amis dans les hautes sphères, il y a plus d’un qui me cire les pompes et malgré cela l’ile de France me rejette.

crénom d'un nom! Je suis un avatar, pas un blanc-bec,  je suis l’homme du perchoir, celui que l’on voit de partout, qui somme une assemblée de députés à l’ordre, au silence, au respect des institutions.

Sonner, mais pas vaincu, vous vous dites, que vous n’avez pas encore fait votre temps pour prendre une retraite anticipée, ce n'est pas encore votre heure pour quitter la coupole.

Vous, vous dites que vous avez encore un avenir dans la politique, les prochaines élections pointent à l’horizon, votre parti à besoin de vous, qu’il vous faut servir, encore une fois, la main sur le cœur, fidèle à la voix de votre maître. Vous êtes la majorité présidentielle, et vous vous remettez à votre perchoir sans effusions avec une indécence comme si rien ne s’était passé.

Quelques jours de repos pour vous remettre de vos émotions, de cet égarement, de cette erreur de casting et vous reprenez du service.

Vous retournez à votre perchoir, à votre vie d’antan, la bienséance obligerait n’importe qui de nous, humble citoyen de perdre notre fonction, notre poste si nous devions perdre la confiance de notre chef, notre patron, l'établissement pour lequel nous travaillons. Mais pour vous, c'est un jeu de chaise, un transfert de siège, vous perdez un vous récupérez un autre comme par magie, sans connaître les aléas de la perte d’un emploi, des démarches administratives, de la dépression, du chômage. Bravo ! vous êtes de la race des culs-bénis.

Vous avez encore de beaux jours devant vous, prenez en de la graine et faites-vous en une raison, le changement en France n’est pas pour demain...

 

*Mais qui sait, comme dit le proverbe:« nul n’est prophète en son pays ». 

29/11/2015

LA PSYCHOSE HIVERNALE !!!

La psychose tient en haleine nos villes, nos journaux et nos esprits, elle tend sa toile jusque sur nos paliers. Il neige sur le jura, de ma fenêtre la montagne me paraît encore plus belle dans son manteau blanc, j’entrevois déjà mes petits enfants qui impatientent en se réjouissant d’avance des futures glissades en les pentes enneigées.

La paix avant l’orage me siffle à l’oreille mon voisin de palier, un napolitain à la retraite. Il se sent tout comme moi à l’étroit entre la télé de la voisine qui beugle toute la journée en déversant sa soupe froide et la Julie qu’il feuillète avec une nervosité toute particulière à la recherche de quelques fraiches émotions automnales.

  • Tout le monde se sent en danger me dit-il, nous sommes envahis par le bruit des attentats de paris et la guerre qui se dessine.

Je Poutine aussitôt pour ne pas nourrir son inquiétude. Il fait une moue de la bouche et rentre chez lui déçu de ma prestation de voisinage. J’évite de me lancer dans des explications sur les événement de peur d’être mal compris, mal interprété, jugé : dorénavant dès qu’un musulman parle de l’islam, même que modestement pour se dédouaner ou apporter une pierre à l’édifice de la compréhension, de l’explication intellectuelle, il est taxé d’islamiste fanatique, de menteur, de suppôt de Satan.

La Belgique après la France et maintenant la Tunisie sont tour à tour en état d’urgence, la sécurité avant tout, pour ramener le calme, la sérénité, un semblant de vie.

Tout ce tintamarre sur la sécurité n’empêche pas le regard de mon voisin de virer couleur kaki, quelques, check point se dressent à la verticale et assombrissent ce visage si rieur d’ordinaire.

Et il ne manque plus qu’un climat délétère pour faire de ce futur et féerique mois de décembre un cauchemar.

Une vague hivernale s’abat sur le petit monde à l’abri des intempéries de la planète, calfeutré dans sa bulle à tout épreuve, il se met à douter de sa propre force de persuasion, de sa neutralité.

Il était loin de se douter de ce scénario de nature explosive. « Alerte à la bombe à Lancy, panique générale, tram évacué et route barrée ». Le petit pays se sent mal, il est prêt lui aussi à réduire les libertés individuelles, ce pilier autour duquel s’articulent les droits fondamentaux du citoyen. La démocratie se sent en danger, à son tour, elle vacille sous les coups de butoir d’un ennemi intérieur invisible. Il paraît que même l’arrière pays se sent en danger, la vague déferlante de la psychose se fait méandre. Il y a comme un air de guerre qui plane dans le ciel.

Il est de notoriété publique que la guerre entretient la bourse. Elle ne s’est jamais aussi bien portée depuis les attentats. Les sociétés cotées se sont très bien comportées dit le monde de la finance, malgré ce temps propice au repli et la désinhibition.

La bourse est la seule entité qui n’a pas été atteinte par la frilosité du moment. Et les marchands d’armes se frottent les mains comme jamais.

- Tous ensemble contre la barbarie hurle dame, une verte anti-centrale nucléaire. : Il y a une marche qui se prépare sur le climat du côté de la gare, place des XXII cantons dit-elle depuis son antiquité une deux-chevaux.

- Ouf ! Je respire, je me sens déjà mieux, Genève reprend son train-train quotidien.

Je peux sans danger prendre mon Bircher du matin, prendre le tram où je pourrai vaquer à mes affaires sans sentir ce regard accusateur dans mon dos, ce mal de vivre qui nous terrasse si souvent.

Au loin, les monarques du monde s’organisent pour la riposte, ils n’ont qu’un mot à la bouche la Guerre et encore la guerre.

Daech l’enfant maudit de George W. Bush se moque bien de la guerre, il a eu le temps de faire ses préparatifs, il a été à bonne école.

Et Je sens à la mine défaite du président Hollande que la guerre fait et fera dorénavant partie de notre paysage médiatique, de notre quotidien.

Je crois que je vais mettre ma télé à la cave, au repos, la pause hivernale se précise.

- Est ce que la guerre ! Comme dirait ce cher Charles Péguy va nous précipiter dans les méandres du tout sécuritaire où l’arbitraire ne serait pas exclu où la sécurité primerait sur le droit et les libertés, jusqu’à faire de nous tous, des soldats sans notre consentement.