22/09/2015

De ma chaise roulante, je vois...

2 septembre 2015,

Place du Bourg-de-four

 Le monde va et vient dans l’insouciance. Moi, devant la Clémence, l’inquiétude et la peur me taraudent l’estomac. C’est la première fois, que je vais être confronté  in-vivo avec les êtres vivants de la vieille ville. D’ordinaire, mon parcours s’arrête aux bastions. Je ne crapahute là que lors des manifestations du service public ou pour apporter des documents à la gérance immobilière municipale ou lors d’un passage d’un ami d’enfance me rendant visite au pays de Dunant. Pour faire connaître à ce cher ami  le patrimoine Genevois, je l’accompagne jusqu’au musée d’histoire en passant par les canons et la Cathédrale, une excursion de quelques minutes à peine et je le redescends illico presto dans mon porte bagage dans mon bon quartier de Plainpalais. Là,  dans mon milieu entre nous autres dans un bistro crasseux, je retrouve mes airs, mes aises, j’allonge les jambes sous la table et fait du grain à la jeune serveuse. A la clémence, tout me fait peur jusqu’au décors et j’évite de jeter le moindre regard sur la carte.  Putain, il y a du monde. Je tremble déjà des jambes en poussant ma chaise roulante devant moi. Quelle galère ! Quelle misère ! Tout cela pour sensibiliser la population à l’idée qu’elle va vieillir inéluctablement et qu’il faut penser au futur en devenir, construire plus de maison de retraite et engager plus de  personnel soignant pour subvenir à leur besoins les plus élémentaires. Mon cerveau reptilien hausse des épaules, il me dit à l’oreille : Qu’est ce que tu veux qu’ils fassent avec tes vieux, tout le monde s’en fout royalement.  Les vieux sont bien là ou ils sont, ils ne dérangent personne et ils nous foutent la paix. De quel droit le prénommé M… cet étranger vient nous donner des leçons. Le savoir vivre, c’est qu’il reste chez lui.  Nous lui concédons déjà une petite place chez nous, alors qu’il travaille et ferme sa gueule, c’est ça le vivre ensemble helvétique. Vraiment aucun savoir vivre ces étrangers. Puis d’abord d’ou il vient celui-là, avec un nom pareil. Chez lui, ils n’ont même pas de toilette. Ils chient partout à même le sol ou bon leur semble, des barbares. Mr Longchamp passe devant moi  avec sa cour, attention le roi est  de passage, on s’écarte sur son chemin. Il ne faut pas entraver la course du roi. Regards croisés, regards fuyant, on allonge le pas dès fois que le moteur humain cale au milieu du chemin devant cet objet indésirable. J’installe ma machine de guerre sur le trottoir, une chaise roulante rougeaude qui annonce la couleur. Me v’là  au devant de la scène, dans le grand théâtre de la comédie divine du quotidien. Mes acolytes arrivent avec une  banderole, l’installent, dressent le chapiteau pour que je rentre en scène. Une heure après v’là la presse qui débarque, je suis dans mes petits souliers, tout ce monde rien que pour moi, étrange manège, alors qu’il y a des enfants qui meurent sur une plage pour échapper à la guerre et que l’on marque des humains comme au temps du nazisme. Dans ma tête, le monde déroule son tapis et il n’est pas toujours au goût du jour. Il ne faut pas singer les vieux ! clame depuis Mr Poggia. On comprend aisément, qu’il ne connaît rien aux vieux ni aux maisons de retraite, que l’état finance.  C’est le genre de personne qui se complait dans l’accommodement, il faut faire avec… la politique de la ménagère, c’est de faire avec les restes. Il fait avec ce que Longchamp lui a laissé comme héritage, n’est pas Olivier Segond qui veut ! Et on ne copie qu’une fois le maître. Le lendemain, je fais paraît-il un tabac chez les médias, même Mr Barthassat en est jaloux. Tout cela pour une chaise roulante ! Disent les mauvaises langues. La chaise roulante n’est que le symbole d’une dépendance, faites en l’essai. Madame Salerno m’offre un peu de chocolat, un peu de douceur dans ce monde de brutes. La ville ne peut rien pour moi. Le canton oui ! Mais il fait la sourde oreille.  Le budget est devenu son obsession.  Il faut réduire la grande voile, le Neptune est à quai, le capitaine est désemparé, il ne veut pas finir sur le trottoir parmi le petit peuple.  Les gens me parlent des problèmes rencontrés dans les EMS, je tends l’oreille, le message est clair, ils veulent plus d’écoute, plus de temps, un meilleur accompagnement et du respect. Thalys une stagiaire me raconte ce qu'elle a subie et comment elle a été traitée lors de son stage dans une maison respectable, le couperet est tombé à quelques jours de la fin de son stage « vous n’êtes pas fait pour ce métier ! dit la formatrice. cela  ne l'a pas empêchée de réussir son stage dans une autre maison, haut la main, sans avoir à pleurer ni supplier que l’on veuille reconsidérer la sentence. Je suis effaré par le nombre de plaintes, par l’incurie de notre système,par l'insuffisance de nous autres soignants. Et pendant, que je me faisais des escarres sur ma chaise roulante, des politiques bien-pensants retiraient le X de Bernex pour arriver plus vite au panthéon bernois. il y a toujours une voie royale pour les X en berne. S'il suffisait d'enlever des X, nous serions tous frères et soeurs dans ce charmant palais du bout du monde, qui sert tous les intérêts sauf les nôtres.

La suite prochainement...

 

 

14/12/2014

le bac à sable....

Ce samedi le bac à sable sous la houlette du PLR  veut durcir le ton.  les propositions de coupes  touchent particulièrement les fonctionnaires et les plus faibles. comme son grand frère du conseil d'état, le PLR ville préconise le gel des annuités, y compris parait-il dans le secteur de la petite enfance.  voila une belle  fin d'année réjouissante. Le PLR jouerait-il au père Noël avant l'heure pour satisfaire sa horde de prétendants pour les élections à venir?. Bravo Mesdames et Messieurs! vous avez le chic pour accrocher les boules de la discorde au sapin. Bon Noël, Ne vous étouffez pas de dindes aux marrons, Il n y aura peut être pas assez de fonctionnaires aux urgences pour soulager vos maux en cas d'accident. A bon entendeur, salut!

19/11/2014

Ce matin, j’ai chaussé mes godillots...

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J’ai mis mes chaussures de marche et pas à pas j’ai fait comme les milliers genevois pour me rendre à mon travail. Aujourd’hui, il y avait un côté magique dans nos ruelles, plus de bruit, plus de bus, plus de tram, juste des genevois face aux genevois, des genevois dans la rue épurée de tout transport public.  C’était bon-enfant et tous à vélo, à pieds, en trottinette chacun dans ses bottes pour le meilleur ou le pire se sont rendus à leur école,leur travail sans animosité .Et comme eux, je ne me suis pas retrouvé pris en otage, j’étais ravi de marcher dans une cité enfin remise à la population. A vrai dire, j’étais même pour une fois très content de marcher, de vagabonder dans les ruelles apaisées. J’ai trouvé les gens plutôt souriants, compréhensifs, presque un chouya solidaire avec ces grévistes. Si j’étais un homme politique, je ferai au grand-conseil la proposition d'un week-end par mois sans transport public. La marche est bonne pour la santé.