28/08/2014

FREE HOME

 

 Vu du ciel, je ne suis qu’un ver perdu dans la masse,

A peine visible pour être toucher par la grâce.

Pourtant, je me démène, je m’affiche sans cesse,

Afin que l’on m’aime, pire que l’on me haïsse.

Je me donne en spectacle, je fais le pitre,

Il y a ceux qui aiment, d’autres qui détestent,

Mais qu’importe, il faut être à la page du net,

Entre Brad Pitt et je ne sais quelle starlette.

Je me nourrie à la marmelade in London,

Ça fait chic, alors que je l’achète chez Lidl.

Parfois je m’aime, parfois je me déteste,

Quand je n’ai pas la frite, ouf je m’invite,

Je fais une bouffe et je prends une cuite

Je me filme, une fois le cid, une fois Chaplin

Sur Facebook, matin et soir je me reluque

Et pour tenir la forme, la pêche, je me dope,

Je n’ai pas la tête dans le cul, mais presque.

Quand mes amis s’inquiètent, je fais une cure,

Je me fais discret et je me travaille au cutter,

A la dure dans une clinique du côté de belle idée.

Je retrouve des anciens de la classe, du splendid

Et des infirmiers trash, qui tirent sur la comète.

Je reprends le goût pour les ballades en groupe,

Les petites choses, des heures à ne rien foutre,

Des journées à fixer le même objet dans le doute,

L’essentiel est dans la contemplation existentielle.

Parfois, je fais une fugue, j’enjambe les barrières,

Je fais un tour dans mon armoire, je fais une rixe,

Un tri sélectif dans ce maudit linge qui me nargue.

Je prends une barque, je fuis le home par la fenêtre,

Mais il y a des gardes chiourmes à tous les étages.

Alors je retourne au stade anal, j’en file ma couche

Et j’attends que la vilaine harde, enfin me recouche.

Allo le 144, ça urge monsieur X fait une rechute…

Free home,

Free home,

Free home,

 

Free Homme.

22/07/2014

A NOTRE DAME DES PÂQUIS

* "un peu d'humour dans cette actualité morose".

 

Dans la nuit chaude-pastel

Je fais la belle dans la ruelle.

Il y a du monde au portillon,

Mais pas assez de canon.

Il faut garder la tête froide

Et faire le deuil des yeux.

Je vois un qui rapplique,

Avec un grand corps vénal

Je sens que ça va faire mal.

C’est la ritournelle du désir,

Si tu veux, je te fais plaisir,

On monte à la loge-violon

Que je parcoure à tâtons.

Il sort son wistiti du bocal

Ça m’la coupe, j’ai un râle

Le gorille n’a rien, que dalle.

Il ne faut pas toujours croire,

Que la vie d’une pute est banale.

Pas le temps de faire de la philo,

Une bonne, bonne douche froide

Et me voilà bonne pour le service,

Le client est roi et votre servante

Est sa bonne.

Je me dis parfois quand j’imagine

Une autre vie hors de la turbine,

Dans un monde souple et parfait

Loin des tracas et des combines

Qu’à votre seigneurie, il en plaise

Ainsi qu’à Marie d’entre les belles,

Sous d’autres cieux plus cléments

On me dresserait bien des chapelles.

 

 

 

 

20/07/2014

LES MAUVAIS JOURS


Un palestinien et un israélien face à face

L’un tient un fusil et l’autre une pierre

Est-ce que l’histoire seigneur se répète ?

Et nous voilà replonger dans le mythe

Du mauvais remake de David et Goliath.

Mais à cet instant précis de l’histoire

Le David d’hier est devenu le Goliath

Craint qui terrassait à cri son monde

Et le palestinien un David qui s’ignore.

Je ne réécris pas l’histoire, impossible

Mais, je constate à défaut d’y croire

Pour celui qui sait voir, voit une farce

Où l’un joue avec les nerfs de l’autre,

Mais qu’à la fin la justice triomphe.

Assis sur une pierre le diable ricane

Il sait lui que rien, rien ne dure jamais

Qu’à la fin de tout ère, on tire un trait,

Et l’humain oublie que sous tout portait

Peut se cacher tant de mauvais attraits.

Sous le cadavre anonyme, il y a un être,

Qui espère comme un chacun être libre.

Qui cherche en vain le chemin de Damas,

Croise sur sa route un autre comparse.

Mais qu’importe, un jour, jour peut-être

Les Rabin'S les Arafat'S auront eu raison

De s’allier contre notre grande déraison.



Ps.  la poésie ma seule arme contre l'impuissance qui me terrasse à chaque conflit humain.