14/08/2017

COMMENT FABRIQUER DE LA PRECARITE

Comment on fabrique de la précarité à Genève

 Il parait qu’il faut mieux être un animal qu’un humain à Genève.  C’est sans doute pour cela que nos amies les bêtes sont mieux considérées que les humains. S’il vous arrive de regretter de faire partie de la race humaine achetez- donc un collier et une laisse, marchez à quatre pattes et priez pour que votre âme soit un tantinet plus joyeuse que la moyenne de la population, sinon, il vous en cuira. Vous pouvez aussi comme votre ami animal faire une fugue, mordre votre voisin, faire un tintamarre du diable, pisser en dehors des clous, faire de votre voix la voix de Genève, mais surtout comme nous disent si bien nos éducateurs de vie ne jamais lever la patte sur celui qui vous donne votre pitance quotidienne. Que dieu sauve notre bon maître !

Depuis le temps, j’ai compris la nécessité de plaire pour passer entre les gouttes. Dès fois, j’ai l’impression que c’est l’animal qui est en moi, qui nourrit les espoirs de son bon et seigneur de maître. Je crois que sans mon amour, le seigneur succomberait à la dépression.

Mais passant, le maître à ses prérogatives que l’esclave n’a sans doute pas ou ne maîtrise pas assez pour mettre à terre son maître.

Le temps est une dentelle, il faut savoir saisir le bon moment pour se carapater de l’enclos.

Genève, une ville refuge pour les banquiers et les riches, la populace fait office de décors pour que les plus fortunés de la planète ne se sentent pas seuls. Il faut bien qu’une fortune se mesure. Et comment se mesure-t-elle cette bonne fortune ?

Elle se mesure à l’empreinte qu’elle laisse sur la route… plus on devient riche, plus il y a de pauvres et plus il y a de pauvres et plus en se sent puissant et riche. La richesse ne vient pas seul comme ça d’un coup de baguette, Il faut bien prendre l’argent dans la poche de quelqu’un. Ce quelqu’un, c’est vous, c’est nous, c’est toi, c’est moi, c’est nos impôts, notre travail, nos retraites. Et pour ce faire, il faut fabriquer des pauvres, il faut qu’il en ait assez pour que l’on détourne le regard, que l’on y prête plus attention.   du coup, cela laisse le champ libre à la spéculation et au bidouillage. Chez les donneurs de leçons sur la précarité, qui nous assomment à coup de sondages et de chiffres tout va bien. Derrière leur petite lunette ronde et leur bureau, nos technocrates ont inventé le gain potentiel estimé.  Il faut que je vous explique : disant que vous ne gagné que 1700.CHF par mois, on va vous calculer 3300.CHF de gain potentiel par mois, donc un gain que vous auriez peut-être pu gagner si vous avez travaillé plus, mais que vous n’avez pas, mais qui retiendra l’esprit de nos législateurs, ces hommes de loi qui nous pondent des œufs pas aux pesticides, mais aux bombes à retardement.  Ils nous sortent de leur bonne mallette la vieille recette qui consiste à gonfler le revenu pour faire valoir leur refus d’aide, pas de prestations complémentaires pour les retraités et pas d’aide sociale pour le démunis, le maître et dieu Poggia sauve la république. C’est la fable de la fontaine la grenouille et le bœuf appliquée à l’humain et à grande échelle. Vous pouvez toujours enfler, vous ne pourrez pas atteindre la grosseur du bœuf... d’où explosion de la précarité à Genève.  C’est aussi simple que cela, gonfler les chiffres, gonfler les mesures pour restreindre la dépense, c’est le règne de l’économie sur l’humain, le règne de l’animal politique sur les sujets de la république.                                                                                  

je vais peut-être me mettre à devenir un animal, pas un animal domestique, de compagnie, un vrai de vrai, un de ceux qui mordent, de ceux qui pissent hors des clous, qui cherchent le vent de la liberté pour devenir des loups.

je vais peut-être revenir aux fondamentaux de la révolte ouvrière en squattant un bout de trottoir devant de la façade du SPC [ Service de la Préférence Cantonale] dès la rentrée pour faire le buzz. Je veux moi aussi faire ma rentrée politique avant les votations de 24 septembre. Je veux m'appuyer sur le droit de vivre debout.  Et comme dit la chanson" qui m'aime me suive et que les autres aillent mourir".