09/12/2015

UNE DERNIERE VALLS !

Un pas sur le côté pour voir défiler

Une horde de veaux sur l’estrade.

Je n’en reviens pas de voir ces cons

Prendre la parole pardi en mon nom.

Tous ces messieurs qui font la nique

Sans vergogne à notre république…

Petite info de la dernière minute,

Une retraite dorée pour sire Varin

Alors que la France pique du tarin.

C’est plus qu’indécent en ces temps

Où notre mal être prend du vent…

Sur le trottoir une foule de démunis

Et pas que des roms en guenilles

Tendent ouvertement la main

Pour pouvoir enfin un soir bouffer.

Je regrette que Molière ne soit plus

Et que la mort ait emporté voltaire

Qu’au panthéon notre noble Emile

Ne soit plus là, plus de ce monde.

Il y a qui voudrait me mettre sous tutelle

Que je prenne l’air de Vichy sans douleur

De la banlieue à la prison, stipule le module

Pour le plaisir, il faut que je me condamne,

Que je me justifie, que j’épouse leur cause

Et devenir le bouc émissaire d’leur haine.

Bref, pour les quelques crétins en nostalgie

D’une Algérie française et de la coloniale

Je devrais fermer les yeux et me taire

Afin que leur barbarie défile à grand pas

Sous le bronze de la pauvre Jeanne d’Arc.

Je repars pour le bar de mes vingt ans,

Un demi et une menthe à l’eau s’il vous plait !

Avant qu’un de ces veaux me tire le portrait.

Terroriste islamique, phoque sur la banquise

Musulman de circonstance, pas que religieux

Tout un vocabulaire pour me mettre la laisse.

Et au pied de la dernière dame qui frétille

Voila la place de grève qui fait son retour

Pour un remake du supplice de Damien,

Le surveiller et punir refait surface

Il n’est pas au goût du jour cher Foucault.

Je traîne la patte, trop vieux pour l’affaire

Trop las pour me transformer en un Zola…

Je peine toujours à dire «  J’accuse ».

Alors, je me tais et je les laisse dire le pire.

Ils disent que je suis de la race des barbares,

La haine n’a jamais disparu de leur discours,

La France de Maurras revient à la page

Et puis que faire devant tant de postiches

Qui montent au front, Vichy à la boutonnière

Fiers de mettre Pétain à la table des apôtres.

Je pose un et retiens deux voilà le petit juif

Qui réapparait sous l’allure d’un petit arabe.

Rien ne change en somme, les vils préjugés

Sont toujours de mise chez nos concitoyens

Chez les frileux hommes au bon teint blafard

Qui se font du meurtre un détail de l’histoire.

Regardez les bomber du torse sur la piste,

S’en aller à la poursuite de mauvais français.

Ils vont à la reconquête de la petite banlieue

Ce lieu du ban qui a fait leur bonne fortune.

Je reviens sur mes pas, mais où est Aragon ?

Ils n’auront rien appris de nous ni du passé

De l’horreur, des maux de nos vieilles guerres

Faudra-il, qu’ils en payent le prix à leur tour !

Mais où sont ces vieux potes dont le spleen

Mettait du soleil aux yeux des républicains.

Maintenant, on est gaulliste sur l’affiche,

Et un rien petit patricien sous le manteau.

Il nous manque plus qu’une bonne révolution,

Pas de celle fabriquée de toute pièce à l’Elysée

En catimini entre gens de bonne compagnie…

Une vraie de vraie, une que l’on n’attend pas,

Qui monte aux barricades, met tout à plat,

Remet l’humain sur le devant de la scène

Nous débarrassons à la fois de la haine,

De ce maudit klaxon des nations,

Et du venin de Nadine Morano.

Je rêve pour une fois de la paix,

J’aimerai tant et tant la sentir

Courir sur ma peau frileuse de tout

Et clamer tout haut, que je suis vivant

En paix avec moi même et les autres…

Frère de mon frère des quatre coins

Du bout du monde et de la porte d’à côté.

 

 

 

 

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